Cannabis : les raisons de la prohibition

Comment le monde est-il passé d’une culture intensive du chanvre utilisé dans de nombreux domaines à : « Le cannabis, c’est mal » ?

Un peu d’histoire

Les récits les plus anciens nous apprennent qu’il y a 5000 ans la production et la consommation du cannabis était légion en Chine.
Pendant 1000 ans, le chanvre servait à confectionner les voiles et les cordes maritimes. Du 17 au 19ème siècle, des taxes étaient imposées aux producteurs américains de chanvre. (L.A. Times, 12 août 1981). De 1763 à 1769, il était interdit de refuser de cultiver du cannabis sous peine d’emprisonnement ! (G.M. Herdon, Chanvre dans Koloniale Virginia).
Benjamin Franklin, qui a notamment dirigé l’Etat de Pennsylvanie, possédait les premières usines de papier confectionné a partir du chanvre. Jusqu’en 1880, le papier des livres scolaires étaient fabriqués avec du chanvre. Mais ce n’est pas tout. La déclaration d’indépendance des Etats-Unis a été écrite sur du papier à base de chanvre et le premier drapeau américain était fait en tissu issu de la même plante. A cette même époque (1850), le produit numéro 1 dans l’agriculture était le cannabis.
1916 est l’année où le gouvernement américain a officiellement déclaré qu’à partir de 1940, le papier serait réalisé avec du chanvre afin cesser la coupe des arbres.
On continue ?
Les premiers moteurs Ford étaient conçus pour rouler avec… de l’huile de graine de cannabis.
En 1938, le Mechanical Engeneering Magazine prédisait le cannabis serait la culture la plus répandue dans le monde grâce aux nouvelles techniques de cultures.
Les anecdotes concernant l’utilisation du chanvre dans de nombreux domaines sont encore nombreuses….

photo de recolte du chanvre

La conspiration est passée par là

Un projet à grande échelle a été élaboré pour diaboliser le cannabis. Pourquoi ? Pour permettre à l’industrie chimique et aux destructeurs des forêts pour fabriquer du papier de prendre leur essor.
C’est en fait la conjonction de deux intérêts qui aurait pu être compromis si la prohibition n’avait pas été menée : William Randolph Hearst de la Citizen Kane ainsi que Kimberly Clark de la Hearst Paper Manufacturing (des fabricants de papiers à base d’arbre) d’un côté, et Andrew Mellon de la société DuPont (industrie pétro-chimique) de l’autre.
Les réunions secrètes entre les plus riches du pays avaient lieu régulièrement. L’ordre du jour était le même pendant un temps : une réflexion sur la façon dont les puissants pouvaient faire passer une loi interdisant le cannabis. Mellon, grâce à ses relations à très haut niveau, place son neveu Harry J. Ansliger à la tête des bureaux narcotiques de la police.
Puis, ils ont transformé le nom du chanvre. Celui d’une rue mexicaine mal fréquentée a été choisi pour renommer la plante en Marijuana. La confusion était lancée.

Les mass-médias

Toujours au garde à vous des thèses officielles car tenus par ces mêmes puissants, les médias ont effectué durant 10 ans un travail de sape sur le chanvre. Les journaux de Hearst (Citizen Kane) ont mené une propagande de 1920 à 1930 sur les « graves-dangers-très-dangereux-etc. » de l’herbe. Les unes des journaux étaient consacrées à tout le baratin anti-cannabis :

  • Les catastrophes à cause du chanvre !
  • Des accidents de voiture à cause du chanvre !
  • Des morts à cause du chanvre !
  • Et des mensonges comme si il en pleuvait… à cause du chanvre !

le baratin anti-cannabis

En ce temps-là, la population n’avait pas le recul dont certains de nos contemporains font preuve face aux thèses, aux histoires et autres informations diffusées par la télévision, la radio, les journaux et le cinéma. En seulement une décennie, cette propagande a créé la peur et le rejet auprès de la très grande majorité des américains.
3 films produits par les industriels ont été réalisés puis diffusés dans les salles de cinéma :

  • Marijuana: Assasin of Youth (1935)
  • Marijuana: The Devil’s Weed (1936) [NDLR : la suite ?]
  • Reefer Madness (1936)*

* Pour l’anédocte, ce film ne se terminait pas avec le mot « Fin » – comme il a été longtemps de coutume dans le cinéma – mais par la phrase : « Dites-le à vos enfants ».

Les commentaires parus dans les journaux au sujets de ce film allaient de « il a tué toute sa famille avec une hache à cause de la Marijuana» à « plus mortelles que la cocaïne et l’héroïne » en passant par « des effets destructeurs pour le cerveau ».
Ainsi, en seulement deux générations, le cannabis est devenu cette « drogue dangereuse qui fait des ravages dans la société. »

affiche de film
Un an après la sortie du film, le 14 avril 1937, la loi anti-marijuana était transmise à la Maison d’Instruction. Cette institution d’Etat a le pouvoir de faire passer une loi sans aucune sorte de débat (plus fort que le Quarante-neuf-trois français.)
Et cette loi est passée avec le soutien du peuple au cerveau lavé.
Le président de ce comité, Robert Doughton, un pote à DuPont, lui assura que la loi serait adoptée par le Congrès. Ce qui ne manqua pas. La loi anti-marijuana était devenue une Loi fédérale.

La supercherie venue de la confusion entre le cannabis bon pour la santé et la marijuana cette drogue violente n’a été repérée par l’American Medical Association (AMA) que trop tard. Le Dr James Woodward, médecin et avocat avait reconnu avoir été – tout comme le peuple américain – roulé dans la farine. Une déclaration de l’AMA rappelle que le cannabis était utilisé dans des médicaments pendant des siècles.

Et c’est ainsi que les très riches pollueurs de la planète ont remporté la bataille contre le cannabis.

Comment le monde est-il passé d’une culture intensive du chanvre utilisé dans de nombreux domaines à : « Le cannabis, c’est mal » ? Un peu d’histoire Les récits les plus anciens nous apprennent qu’il y a 5000 ans la production et la consommation du cannabis était légion en Chine. Pendant 1000 ans, le chanvre servait à confectionner les voiles et les cordes maritimes. Du 17 au 19ème siècle, des taxes étaient imposées aux producteurs américains de chanvre. (L.A. Times, 12 août 1981). De 1763 à 1769, il était interdit de refuser de cultiver du cannabis sous peine d’emprisonnement ! (G.M. Herdon, Chanvre dans Koloniale…

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Un commentaire

  1. Et qui en pâtit ? Les potentiels patients médicaux, les consommateurs non-informés des dangers du cannabis et la qualité des substances qui se retrouvent sur le marché noir. GG !

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